L’écologie et ses pièges

Pour nous, la problématique qu’on appelle communément "écologie" se place dans la continuité politique du projet d’autonomie dont la plus grande manifestation moderne reste le mouvement ouvrier - mort à présent. Simultanément, elle oblige à repenser et réinventer les catégories héritées du passé (comme le féminisme, la décolonisation ou Mai 68), puisqu’il est question de reconsidérer le rapport entre nature et culture. C’est donc certainement le domaine dans lequel il est possible de saper radicalement les fondements de cette civilisation.
Mais à ce même titre il porte en lui le risque énorme de faire "table rase" et d’établir un nouvel ordre qui peut être bien pire que ce que l’on a connu jusqu’à maintenant - totalitarisme y compris : Ne jamais oublier que le nazisme se caractérise par une biologisation profonde du champ politique et que le terme d’ "écologie" recouvre à la fois une science et une préoccupation politique...
Il s’agit donc ici de contribuer à l’élaboration d’un discours qui affronte lucidement les multiples aspects de l’impact des activités humaines (contrôlées ou non) sur la biosphère sans les rabattre sur des idéologies passées (paléo-marxisme, citoyennisme, technophilie, ...) ou à venir (catastrophisme, primitivisme, new age,...), mythes dont la principale fonction est de feindre de tout changer pour que, en définitive, rien ne change.
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